21 juin 2006

Sarkozy et la France : Label décadence

Sarkozy et la France :Label décadence


La France, pays de l'immense Sartre,
patrie de Jean Moulin, nation de Jules Ferry et de Voltaire, peuple qui a essaimé les hautes valeurs de fraternité, de liberté et d'égalité par son universelle révolution, cette France-là, peut-elle s'accommoder du petit Sarko ? Où est sa réputée intelligentsia ? Est-elle passée à côté de son véritable cri de révolte (comme la rue est passée avec le Cpe, dans une posture d'arrière-garde), à côté du vrai combat -celui de la fraternité- qui vaille la peine d'être mené ?


Dans un réflexe suranné de repli identitaire comme contrepoids à la peur de l'autre, voilà la France qui fait de Nicolas Sarkozy son possible président, en attendant, son super défenseur qui, la matraque à la main, la haine au cœur et l'invective à la bouche, va balayer «la racaille», la vermine venue d'ailleurs troubler la quiétude et la pureté de gens supérieurs. Lui, descendant d'émigré, va assainir ou passer au «karcher» les sillons de Navarre du «sang impur» que la conscience nationale française refuse d'admettre comme étant le tribut à payer à une histoire glorieuse parce que colonialiste, à un statut de puissance parce que prédateur.

La décadence des peup
les se mesure aussi à l'aune des bonds qualitatifs qu'ils refusent d'accomplir dans le tempo du monde et l'exemple de l'exception culturelle est plus qu'illustratif de ce nombrilisme ankylosant : dans les années 80, c'était bien l'un des chevaux de bataille d'une France frileuse et paradoxalement suffisante ; combat perdu avant d'être engagé. Aux Etats-Unis, au Canada, en Australie ou en Angleterre, la part de leur «misère du monde» accueillie, pour reprendre la formule de Michel Rocard, n'est certes pas vue comme voleuse du pain des nationaux, mais comme une véritable impulsion économique. Comme pour la drogue, il est inintelligent de ne s'en prendre qu'aux seuls producteurs en «oubliant» que les consommateurs sont les formes vivantes d'une demande indéniable. Il est tout aussi aberrant de vouer aux gémonies «l'envahisseur», à moins d'avouer sa préférence au «plombier polonais» à cause des odeurs de ce premier. Mais alors, cela devient autre chose.

Car
en prétendant choisir leur immigration, Sarkozy et la France «oublient» qu'ils n'ont pas seulement besoin de nos informaticiens, de nos médecins et de nos spécialistes dans les domaines de pointe, c'est-à-dire de nos «têtes». Ils ont aussi besoin de nos mains à pétrir leur terre, de nos mains à faire leur routes, de nos mains à construire leurs belles demeures. A consoler leurs femmes dans des sociétés où, selon le bon mot de l'autre, les machines restent les seules femmes qu'ils savent rendre heureuses.

Mais au pays du
 cynique, du démagogique et populiste Sarkozy, le journaliste noir qui présente le 20h sur Tf1 ne présente pas des infos, il est l'info. Aux Etats-Unis ou en Angleterre, il est à sa place dans le paysage médiatique. Au pays de l'odieux Sarkozy, les bons sportifs s'appellent Patrick Vieira, Eunice Barber, Ladji Doucouré, Boris Diaw, des noms aux consonances qui disent leur extraction.

Pendant
ce temps, sous le lénifiant prétexte de la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays, nos dirigeants, nos rois nègres qui se laissent pourtant dicter leur conduite au nom de la sacro-sainte démocratie et du respect des droits humains, n'osent pas ruer dans les brancards, ni même s'indigner. A croire que le réalisateur Stanley Kubrick avait raison, qui disait que «les grandes nations se sont trop souvent comportées comme des gangsters et les petites comme des prostituées».

Un des conci
toyens de Sarkozy -remarquable connaisseur de l'âme-, Victor Hugo disait : «Mieux vaut un enfer intelligent qu'un paradis bête.» C'est un «paradis bête» que le factotum présidentiable de l'hexagone fait miroiter à un peuple prêt à exorciser ses petites peurs avec des remèdes de cheval ou de charlatan.



Par Adam
a FAYE - Professeur au nouveau lycée de Thiès -

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Posté par Jamimi à 22:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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